[2005-2014] 10 ans de festival Hip Opsession

Les organisateurs du festival avec C2C et Dilated People, dans les coulisses de Stereolux, le dimanche 19 février 2012. [Photo David Gallard]

Les organisateurs du festival avec C2C et Dilated People dans les coulisses de Stereolux, le dimanche 19 février 2012. [Photo David Gallard]

Raconter l’histoire du festival Hip Opsession, c’est revenir sur dix ans de hip hop à Nantes, en France et dans le Monde. C’est croiser la route des artistes, des organisateurs et des publics qui ont contribué, de près ou de loin, à le faire exister pendant toutes ces années. C’est retranscrire des souvenirs, des anecdotes, des rencontres et des émotions.

Cette rétrospective n’a pas l’ambition d’être exhaustive. Elle se concentre simplement sur les petites histoires et sur les grandes lignes d’un festival qui n’a été que très peu documenté depuis ses débuts. Son histoire, pourtant, est déjà très longue. Elle commence bien avant la première édition…

SousTitreRétro1À la fin des années 90, en plein « âge d’or » du rap français, la Barakason, l’Olympic et Trempolino décident d’organiser le tout premier festival de hip hop nantais. Pendant six ans, « Energ’hip hop » va investir de nombreux lieux et mettre en valeur la richesse d’une culture encore méconnue à travers une programmation dense et éclectique. Parmi les artistes invités figurent de nombreux rappeurs tels que le Saïan Supa Crew, la Brigade, Triptik, KDD, Rocca, La Rumeur, Ideal J ou encore Lunatic… Impressionnant !

Dès la première année, le modèle de ce festival est très largement comparable à celui qu’adoptera Hip Opsession plus tard : plusieurs endroits, plusieurs semaines, plusieurs disciplines. Les deux événements, bien qu’étant organisés à des époques différentes par deux structures n’ayant pas grand chose en commun, cultivent des valeurs identiques et affichent des motivations similaires. La continuité est évidente.

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Un article de Presse-Océan sur le deuxième festival Energ’Hip Hop, en 1998. [Archive Yasmin Rahmani]

Cette époque est aussi celle des premiers pas de l’association Pick Up Production, qui organisera le festival Hip Opsession à partir de 2005. « Mais à la fin des années 90, on n’avait pas grand chose à voir avec le hip hop » se souvient Gildas Maquaire, son fondateur. Pick Up est alors l’une des premières structures à organiser des soirées DJ’s dans les bars de Nantes. Elle est notamment impliquée dans la création en 1998 des fameuses « Funky Saturday » de DJ Pharoah, qui existent encore aujourd’hui !

Energ’hip hop disparaît après sa sixième édition, en 2002, dans un contexte assez tendu entre les organisateurs et certains acteurs locaux de la culture hip hop. Mais, très vite, un nouvel événement va lui succéder. Lors d’une réunion entre associations, le danseur et chorégraphe nantais Yasmin Rahmani sollicite en effet Jean-Marc Ayrault, alors maire de la ville, pour l’organisation des dix ans de sa compagnie de danse HB2. Gildas Maquaire, dont l’association s’est installée entre temps dans les superbes locaux de Pol’N puis s’est progressivement tournée vers l’événementiel, intervient pour apporter son soutien au projet. Break Up était né.

BreakUp2004

Le festival est prévu pour la rentrée 2003, tout juste un an après la dernière édition d’Energ’hip hop. Mais il n’aura pas lieu à cause… d’un mouvement social ! À l’époque, les intermittents du spectacle font en effet grève partout dans le pays pour protester contre un projet de réforme de leur régime. Les Francofolies de La Rochelle, le festival d’Avignon et beaucoup d’autres rendez-vous culturels estivaux sont annulés. L’anniversaire de la compagnie HB2, quant à lui, est repoussé.

Nicolas Reverdito l’ignore encore lorsqu’il frappe à la porte de Pick Up Production quelques jours plus tard. Tout juste arrivé à Nantes, il voulait simplement devenir bénévole sur le festival. Il sera finalement choisi pour réorganiser tout l’événement, toujours en collaboration avec HB2, avant de devenir, un an et demi plus tard, salarié de l’association et directeur du festival Hip Opsession ! « Cette grève des intermittents m’a ouvert des portes » sourit-il aujourd’hui. Pourtant, quelques mois plus tôt, elle l’avait obligée à annuler le festival « Hip hop ‘n co » qu’il organisait à Poitiers…

« Break up » succède finalement à « Energ’hip hop » en mars 2004. Le « Radikal West Battle » de breakdance, organisé dans un Lieu Unique complet, est le principal temps fort du festival. Tous les battles de la soirée sont filmés puis gravés sur des DVD, disponibles sur place quelques minutes après la finale. Une véritable prouesse technique et un objet désormais collector ! Break Up se prolonge pendant deux semaines, avec notamment quelques soirées (Dee Nasty au LU, Puppetmastaz à l’Olympic), une exposition (« Hip Hoptimist, de l’underground à la reconnaissance » à Pol’N) et un jam de graffiti.

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Un article de Ouest-France sur Break Up, en mars 2004. Les visages crayonnés témoignent des tensions qui existent entre Pick Up et HB2. [Archive Yasmin Rahmani]

L’événement est un succès. Pick Up Production compte bien organiser une deuxième édition dès l’année suivante, mais HB2 ne souhaite pas poursuivre l’aventure. « On s’est peut-être trop approprié le projet à leur goût » analyse « Nico » Reverdito. « Organiser un événement à deux structures n’est jamais simple » appuie Gildas Maquaire, tandis que Yasmin Rahmani, toujours très fâché malgré les années, ne souhaite même pas donner sa version de l’histoire. Les deux structures cessent en tout cas leur collaboration dès 2004, et Break Up disparaît donc du paysage culturel nantais après seulement une édition.

Mais Pick Up Production s’organise très vite pour mettre en place « son » festival. Gildas Maquaire commence par créer l’agence de communication Scopic, en novembre 2004, afin de séparer distinctement les différentes activités de l’association, tandis que Nicolas Reverdito est embauché au tout début de l’année 2005. Reste à trouver un nom… Ce sera Hip Opsession. « Je me souviens qu’on a tranché sur la place des palmiers, juste à côté de Pol’N » rigole Nicolas Reverdito. Le jeu de mot avec obsession nous plaisait ». Peut-être s’agit-il aussi d’un clin d’œil à Break Up, officiellement présenté l’année précédente comme une « session hip hop »…

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VisuelHOS1Le tout premier festival Hip Opsession se déroule sur un peu plus d’une semaine, du 15 au 24 avril 2005. Le Lieu Unique renouvelle sa confiance à Pick Up Production, malgré le double concert épique d’un RZA complètement ivre organisé là-bas le 7 mai 2004, et accueille de nouveau son battle de breakdance. Jean Blaise et son équipe n’auront pas à le regretter : cette soirée breakdance affiche complet, comme pour toutes les éditions qui suivront.

Pour sa première, Hip Opsession s’installe aussi dans quelques autres lieux de l’agglomération : la maison de quartier de Doulon, la Barakason, Pol’N, le Cinématographe… Mais pas l’Oympic, qui organisait pourtant Energ’Hip Hop trois ans plus tôt ! « C’était sans doute de l’égo mal placé, explique Jean-Michel Dupas, l’emblématique programmateur de la salle. Au début, Hip Opsession était présenté comme le premier festival de hip hop dans l’agglomération, celui qui amenait la lumière. Alors qu’on a quand même bien essuyé les plâtres ! ». Nico Reverdito confirme : « L’absence de l’Olympic dans la programmation, c’est un mélange de maladresse et d’orgueil ». Rien de définitif cependant, puisque le festival organisera son premier concert dans la salle de Chantenay deux ans plus tard, pour son troisième anniversaire.

Dès la première année, Hip Opsession propose une exposition dans les locaux de Pol'N. Ce pick-up graffé a longtemps été exposé en suite devant un garage de l'agglomération. [Archive Hip Opsession]

Dès la première année, Hip Opsession propose une exposition dans les locaux de Pol’N. Le pick-up graffé a longtemps été exposé ensuite devant un garage de l’agglomération nantaise. [Archive Hip Opsession]

La programmation musicale de la première édition s’en ressent toutefois, car très peu de salles de concerts sont partenaires. Dee Nasty revient mixer au LU et le collectif Coup 2 Cross, qui ne s’appelle pas encore C2C, organise sa déjà traditionnelle soirée TKO à la Barakason (le concept avait été créé à l’époque d’« Energ’hip hop »), tandis que les SAT (« Sumerian Atlantic Tribe »), pionniers du rap nantais, se produisent eux aussi au Lieu Unique. Et c’est presque tout ! Mais la volonté de mettre en valeur la diversité de la culture hip hop est déjà très forte, et le festival programme donc aussi des spectacle de danse, une projection, un débat, une exposition et un jam de graffiti. « Depuis 2005, le projet global n’a pas bougé. La forme a évolué, mais pas le fond » insiste Nicolas Reverdito.

Pour sa première édition, Hip Opsession accueille environ 4000 personnes en neuf jours. L’aventure ne faisait que commencer.

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VisuelHOS2jpgPour la deuxième année consécutive, l’affiche est réalisée par le graffeur nantais Webs. Le logo et le visuel sont encore assez sommaires, mais le festival prend déjà de l’ampleur. L’équipe d’organisateurs commence d’ailleurs à s’élargir : Vincent Potreau a été embauché en tant que régisseur en décembre 2005, alors que Laure Tonnelle, déjà présente à l’époque de Break Up, revient à Pick Up pour un nouveau stage en tant que chargée de projet. Elle sera embauchée en novembre 2006.

Hip Opsession accueille cette année là ses deux premières grandes têtes d’affiches, Lords Of The Underground et La Caution. Le Lieu Unique est rempli pour accueillir les rappeurs américains : « Concert mythique ! » assure Nicolas Reverdito, « C’était indispensable, ça nous a permis de garder la confiance du Lieu Unique malgré le passage raté de RZA l’année précédente ». Le bilan du concert d’Hi-Tekk et Nikkfurie à La Barakason est quant à lui un peu plus mitigé : « il n’y avait pas grand monde » se souvient le directeur du festival.

L’Escall et Onyx, deux salles de l’agglomération, rejoignent le festival en accueillant respectivement la soirée d’ouverture et un spectacle de danse, tandis que le TKO s’enrichit d’un battle beatbox. Cette deuxième édition est un peu plus longue que la précédente (deux semaines). Elle réunit près de 8000 spectateurs.

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VisuelHOS3« Je n’étais pas dans la salle, mais j’ai entendu le public du Lieu Unique crier » sourit Nico Reverdito. « J’étais tout en haut des tribunes » poursuit Laure Tonnelle. « Et moi, juste à côté des DJ’s » se souvient Vincent Potreau. Quelle chance ! Car ce battle du samedi 14 avril 2007, entre les danseurs américains de Mind 180 et les Russes de Top9/All The Most, est tout simplement légendaire. 18 minutes d’un incroyable spectacle dont les vidéos ont été visionnées plus d’un million de fois sur internet ! Et dire que ça n’était qu’un quart de finale…

Ce troisième « battle Opsession » était le premier pour le danseur suisse Amjad, invité afin de « hoster » l’événement au micro. Il n’a raté depuis qu’une seule édition du festival, devenant avec son compère Nasty l’une de ses figures incontournables. Bien aidé par ses gimmicks franco-anglais et ses expressions délirantes !

Avant ce battle culte, le festival avait pourtant connu un départ complètement raté. Et pour cause : EPMD et Keny Arkana, les deux têtes d’affiches, avaient annulés leur passage à Nantes au dernier moment ! « On a appris qu’EPMD ne viendrait pas quelques minutes seulement avant l’ouverture du festival. J’ai cru que j’allais m’effondrer pendant le discours » raconte Nico Reverdito. El-P, programmé sur la scène du Lieu Unique en première partie des deux légendes américaines, avait toutefois assuré le spectacle et la soirée s’était bien passée.

El-P (à gauche) dans les coulisses du Lieu Unique, le . [Archives Hip Opsession]

El-P (à droite) dans les coulisses du Lieu Unique, le mardi 10 avril 2007. [Archives Hip Opsession]

Difficile d’en dire autant pour l’autre concert… Malgré la venue de Casey au dernier moment (son nom d’ailleurs n’apparaît pas dans le programme papier), malgré aussi les trois premières parties (Casus Belli, Lyrical Bunker et Puzzle), l’Olympic n’aura accueilli le samedi 7 avril 2007 que… 65 spectateurs ! Et encore, certains n’étaient venus que pour supporter les Nantais de Lyrical Bunker… La salle de 800 places paraissait donc un peu grande. Immense même ! Cette soirée, la toute première d’Hip Opsession à l’Olympic, reste encore aujourd’hui le plus gros échec du festival en terme de fréquentation.

Le festival s’était conclut au Raphia, une boite de nuit nantaise qui n’existe plus aujourd’hui, après être également passé par le Cinématographe, pour une diffusion de l’extraordinaire documentaire « Dave Chappelle’s Block Party », et par la maison de quartier des Dervallières, pour un concert des Nantais de Fatals Lyrics. Le groupe, déjà programmé deux ans plus tôt lors de la toute première édition du festival, était privé ce soir là d’ADP, bloqué au Maroc, et Sba, emprisonné quelques semaines plus tôt. Fatals Lyrics ne s’est jamais reformé par la suite, même si Gonzo a poursuivi sa carrière en solo. Il est d’ailleurs programmé cette année, à Stereolux, pour la dixième édition du festival.

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VisuelHOS4La quatrième année reste, à ce jour, la plus documentée. Et de loin ! Le réalisateur Sébastien Marqué, très proche de l’association Pick Up Production (dont il deviendra plus tard le président), n’a en effet rien raté pendant les quinze jours de l’événement. Il a filmé tout le festival et diffusé, au fur et à mesure, 16 épisodes de sa « Quotidienne » présentée par Andry. De la scène aux coulisses, des artistes aux organisateurs, il ne manque rien ni personne. « Cette émission a été conçue comme un pilote » détaille Vincent Potreau. « On espérait trouver des financements pour les années suivantes, mais ça n’a pas été le cas » poursuit Nicolas Reverdito. « La Quotidienne » n’aura donc existé qu’un an.

« Un peu frustrant » concède Sébastien Marqué, qui aura quand même eu le temps d’immortaliser les retrouvailles entre Sydney et Dee Nasty. Les deux papas du hip hop français, qui ne s’étaient plus croisés depuis une dizaine d’années, étaient programmés pour une conférence commune au Pannonica puis une soirée à l’Altercafé. Historique !

Autre scène incroyable filmée cette année là, mais jamais diffusée : l’épreuve « bonus » du challenge End Of The Weak. Face au succès de la soirée, les organisateurs avaient en effet décidé d’ajouter une épreuve inédite. Il fallait, en rappant bien évidemment, séduire une jeune fille assise sur une chaise au milieu du public. Tous les candidats ont joué la carte du romantisme et des compliments, sauf un dont la grossièreté a enflammé l’Olympic ! « Fou rire collectif au montage » se souvient Sébastien Marqué, qui a conservé les images dans l’un de ses disques durs…

Sydney et Dee Nasty en conférence à Pannonica, le 14 avril 2008. [Archive Hip Opsession/Patrice Molle]

Comme l’année précédente, le très joli visuel était l’œuvre de « Monsieur G. ». Des qualifications pour le battle de breakdance avaient lieu pour la première fois dans l’après-midi, tandis que la catégorie beatmaker apparaissait dans le TKO. Plus de 10 000 personnes se sont déplacés pour assister à cette quatrième édition : le festival devenait grand. Pick Up Production s’apprêtait d’ailleurs à embaucher Clément Lesort, responsable de la communication et des partenariats. L’association fonctionne aujourd’hui sans régisseur à temps plein, mais avec un chargé d’action culturel, plusieurs stagiaires et quelques CDD sur les temps forts.

Enfin, c’est après cette quatrième édition que la compagnie KLP, issu de l’école HB2 de Yasmin Rahmani, décidait de cesser sa collaboration avec le festival. Les danseurs nantais, qui assuraient la direction artistique du battle de break depuis la première année, estimant notamment qu’ils manquaient de reconnaissance. « Leur participation était une valeur ajoutée importante. Ils nous ont présenté beaucoup de danseurs » reconnaît pourtant Nicolas Reverdito, « mais c’était sans doute compliqué d’être entre Pick Up et HB2 ».

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VisuelHOS5« Les rappeurs américains ont mauvaise réputation. Mais nous, on n’annule jamais nos concerts ». Voilà, en anglais et à quelques nuances près, ce qu’ont affirmé les rappeurs d’EMPD le samedi 21 février 2009 devant le public de l’Olympic. Personne ne leur avait dit qu’un escroc avait monté une fausse tournée qui devait passer par le Lieu Unique deux ans plus tôt ! Pas rancuniers, les Nantais leur ont tout de même réservé un très bel accueil. À l’exception, peut-être, du directeur du festival : « Ils sont sortis de scène au bout de 55 minutes. Je leur ai dit qu’on ouvrirait les loges au public s’ils n’allaient pas au bout de l’heure comme convenu » se souvient Nicolas Reverdito. Erick Sermon et Parrish Smith ont alors improvisé un rappel de cinq minutes. Pas une de plus !

Afin d’éviter la concurrence d’autres événements culturels à Nantes et ailleurs au mois d’avril, les organisateurs avançaient cette année là le festival au mois de février pour la première fois. Aujourd’hui, ils hésitent pourtant à le réorganiser au printemps… C’est donc en plein hiver que le festival a mis les pieds pour la première fois au Live Factory. L’éphémère salle de concert du Hangar à Bananes avait accueilli Ismael, Insight et Foreign Beggars avant de fermer définitivement ses portes quelques mois plus tard. La veille, à l’Altercafé, juste à côté, le festival avait programmé Lord Jazz. Mais le DJ des Lords Of The Underground jouait le même jour, un peu plus tôt, à l’Elysée Montmartre… Un stagiaire de Pick Up Production dont l’un des parents travaillait à la SNCF avait fait l’aller-retour à moindre frais à Paris dans la soirée pour s’assurer que la vedette ne rate pas le dernier train…

Autre anecdote incroyable : celle du pigeon voyageur et de la Tan. Dans le cadre du festival, le tout récent « service médiation » du réseau de transport en commun avait missionné quelques graffeurs pour repeindre un bus. Un stage graffiti, regroupant plusieurs jeunes et quelques professionnels, avait aussi été organisé en marge de l’opération. Les artistes avaient notamment peint plusieurs grandes plaques, dont l’une représentait un pigeon tenant fièrement son titre de transport. « J’ai mon ticket ! » s’exclamait même l’animal… Les responsables de la Tan n’avaient pas saisi la moquerie et s’étaient, au contraire, extasiés devant ce qu’ils avaient pris pour une métaphore : celle du pigeon qui vole d’arrêt de tram en arrêt de tram comme n’importe quel autre voyageur en règle. Le graffiti avait tellement plu qu’il avait d’ailleurs été accroché… dans les locaux de la Tan ! Le bus, lui, circule toujours dans les rues de Nantes. Il y a même une petite photo du fameux graffiti à l’intérieur.

Le bus "City Linerz", qui circule toujours dans les rues de Nantes. Notamment sur la ligne 54. [Archives 100 Pressions]

Repeint juste avant le festival Hip Opsession 5 en tout début d’année 2009, le bus « City Linerz » circule toujours dans les rues de Nantes en 2014. Notamment sur la ligne 54. [Archives 100 Pression]

Le visuel de cette cinquième édition, qui représentait un danseur en mouvement, était très différent de ce que le festival avait l’habitude de proposer. Mais le personnage, acheté sur une base de donnée en ligne, s’était aussi retrouvé sur l’affiche du festival Cité Métisse de Cholet (introuvable aujourd’hui) et sur la programmation de la Scène nationale de Guadeloupe… On retrouve aussi sa trace à Lyon et aux Herbiers, en Vendée. Peut-être même, si mes souvenirs sont bons, sur une compilation de tecktonik dont je n’ai malheureusement pas réussi à retrouver la trace… Avis aux spécialistes !

Cette cinquième édition fut suivie et racontée par quatre étudiants du département Information-Communication de l’université de Nantes : Nicolas « Adam Hunter » de Neef, Valentin Blanchard, « Pepso Stavinsky » et… moi. Notre site, fièrement nommé « Just Read It », reste un excellent souvenir malgré la charge de travail invraisemblable que nous nous étions imposés et les innombrables fautes d’orthographe publiées tout au long des deux semaines de l’aventure. Seul regret : l’interview bâclée d’un Nico Reverdito fatigué, en fin de festival. De quoi attirer les foudres des quelques détracteurs de l’évènement et refroidir mes bonnes relations avec les organisateurs pendant quelques éditions. Le site n’est plus en ligne aujourd’hui, et mes relations avec Pick Up Production, qui m’a proposé de participer cette année à la rédaction du  programme du festival, sont de nouveau très bonnes.

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VisuelHOS6La sixième édition du festival s’ouvre avec le vernissage de l’exposition « Question tag » à l’espace municipal Cosmopolis, que des artistes du monde entier avaient recouverts de peintures et d’installations en tout genre. Avec une ambition : aborder ce sujet délicat sous l’angle de l’art et de l’esthétisme uniquement. Il n’était pas question de vandalisme ! La mairie de Nantes, qui a mis en place depuis une politique de répression plus sévère à l’encontre des tagueurs, serait sans doute beaucoup moins ouverte aujourd’hui à l’idée d’accueillir à nouveau une telle exposition…

Pour la première fois, le festival investit l’Olympic trois soirs de suite. La salle de Chantenay affiche complet pour Youssoupha le vendredi 19 février, puis Delinquent Habits et le TKO le samedi 20. Le concert de Jedi Mind Tricks n’est quant à lui pas complet, mais la salle est quasiment remplie et l’ambiance électrique. Un dimanche soir ! Le slam fait quant à lui son retour, sous l’impulsion des responsables du TNT, après une brève apparition lors de la deuxième édition. Si cette discipline n’a aucun lien apparent avec la culture hip hop, et que sa programmation dans ce genre d’évènement fait souvent débat, elle s’est pourtant imposée et réapparaît chaque année dans le festival. 

Deliquent Habits sur la scène de l'Olympic, le samedi 20 février 2010. [Photo David Gallard]

Deliquent Habits sur la scène de l’Olympic, le samedi 20 février 2010. [Photo David Gallard]

L’affiche est confiée au graphiste Soem pour la deuxième année consécutive. La jeune fille qui apparaît au centre de la photo n’est autre qu’une bénévole du festival. Autour d’elle, de multiples clins d’œil aux précédentes éditions : flyers, affiches, logos, photos miniatures… Une idée reprise sous une autre forme cette année pour les dix ans.

Ce sixième festival, qui avait aussi programmé deux conférences très intéressantes menées par Olivier Cachin (« L’histoire du rap) et Stéphanie Molinero (« Les publics du rap »), avait attirée près de 14 000 personnes en 18 jours.

Sixième battle et sixième « sold out » pour le Lieu Unique, le samedi 13 février 2010. [Archives Hip Opsession/Eric Forhan]

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VisuelHOS7Les organisateurs lancent un nouveau concours pour la réalisation de l’affiche. Le vainqueur, Oskar, travaille à… la Poste ! Son visuel est magnifique, mais il ne l’a crayonné que sur un bout de carton. Il aura donc fallu tout redessiner pour numériser l’ensemble et décliner selon les besoins…

Sébastien Marqué, qui avait filmé le festival en 2008 pour « La Quotidienne », reprend cette année là sa caméra. « C’était comme une petite revanche » explique le réalisateur, qui avait alors envie de « filmer de nouveau les coulisses tout en faisant un point sur la culture hip hop ». Il a donc suivi tout le festival, sans même savoir sous quel format serait retranscrit l’aventure. Ce sera finalement un documentaire de 52 minutes nommé « Who is hip hop ? », qui sortira six mois plus tard en DVD avant d’être mis en ligne sur Dailymotion. Le documentaire, volontairement naïf, permet de revivre le festival dans son intégralité tout en écoutant les artistes programmés s’exprimer longuement sur leur culture. Avec beaucoup d’humour pour la plupart !

La version gravée sur DVD (500 exemplaires écoulés) et diffusée sur Internet (7500 vues) est amputée de deux courts passages par rapport au montage initial. Elle ne dure d’ailleurs que 50 minutes et 43 secondes ! « Ce n’est pas de la censure » précise Sébastien Marqué, « c’est parce que les deux plans en question n’allaient pas dans le sens qu’on voulait donner au documentaire, à savoir la promotion du festival ». Le premier montrait une fin de soirée légèrement décontractée mais loin d’être scandaleuse entre organisateurs, bénévoles et artistes, tandis que le seconde avait rapport au passage controversé de La Fouine à l’Olympic. « Sa musique est un peu décalée par rapport aux valeurs du festival. Mais cette année là, il n’y avait que lui qui pouvait remplir la salle » explique Nicolas Reverdito. Pick Up Production avait pourtant longtemps débattu avec l’Olympic avant d’accepter, par défaut, la programmation du rappeur.

Le festival avait également été marqué par la superbe exposition « La vie déraille » à l’Atelier, sur le thème du graffiti dans le paysage ferroviaire. Les artistes avaient notamment installés une immense maquette de train empruntée au club de modélisme des cheminots de Rennes…

Pour la première fois, le festival s’exposait aussi sur le cours des 50-otages à travers le travail de David Gallard, qui avait photographié l’édition précédente. S’il n’existe malheureusement que très peu d’images des premiers festivals, les autres ont été beaucoup mieux documentés grâce à la volonté des organisateurs et à la passion de quelques professionnels. Les médias, notamment locaux, se sont eux aussi emparés progressivement de l’évènement. Même si la couverture d’Hip Opsession reste très dépendante de la volonté et de la disponibilité de la poignée de journalistes intéressés par la culture hip hop.

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Samedi 26 février 2011 : les vétérans américains d’Onyx font leur retour sur le devant de la scène et enflamment l’Olympic. [Photo David Gallard]

En 2011, les incontournables soirées « Soul Clap » de DJ B.loo et « Funky Saturday » de DJ Pharoah, pour la première et dernière fois, étaient intégrées à la programmation tandis que le live band américain Fusik faisait son retour au battle après avoir déjà fait danser le Lieu Unique en 2009. L’Olympic, qui vivait sa dernière saison avant le déménagement à Stereolux, avait de nouveau accueilli trois concerts : Nemir et La Fouine, donc, le vendredi, Onyx le samedi puis J-Live et M.O.P. le dimanche.

Les Nantais de Backpack Jax, programmés en première partie de A State Of Mind à Pannonica la semaine suivante, étaient l’une des révélations de l’événement, tandis que La Rumeur et Rocé donnaient un concert de clôture extraordinaire dans une Barakason bouillante. Une soirée un peu gâchée toutefois par une curieuse embrouille en coulisse entre des rappeurs de la Rumeur assez énervés et le régisseur de la salle rezéenne. D’abord avant le concert, puis encore après ! De quoi ternir la réputation des quatre MC’s parisiens, qui n’ont plus été programmés dans la région depuis.

Le septième festival Hip Opsession, également marquée par cette apparition malicieuse de bboy Fever avant un battle qui tardait à démarrer, proposait aussi un salon hip hop pour les professionnels et les amateurs de cette culture. D’abord modeste, ce rendez-vous s’est affirmé depuis comme l’un des temps fort du festival.

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Hamé et La Rumeur à La Barakason, le 5 mars 2011. [Photo David Gallard]

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VisuelHOS8Le huitième festival s’ouvre à Pol’N avec Backpack Jax, déjà de retour, et la compagnie Turn Off The Light de Julien « Kaalam » Breton, qui présentait son travail au public pour la première fois. La courte performance, époustouflante, a évolué depuis en spectacle d’une heure entière.

La programmation rap, cette année là, est particulièrement riche. Rocé, premier parrain de l’évènement, est de nouveau invité pour célébrer les dix ans de son album culte « Top départ », tandis que Stereolux accueille encore le festival trois soirs de suite. Le vendredi, 1995, alors en plein buzz, relègue le vétéran Sefyu en première partie. Le show millimétré de « Mr Molotov » fut pourtant largement supérieur au passage particulièrement brouillon du groupe parisien…

Les cinq rappeurs et leur DJ avaient passés l’après-midi à signer des autographes dans un grand magasin de chaussures du centre ville de Nantes. Les vendeurs, qui n’avaient pas anticipés le succès de l’opération, s’étaient vite laissés déborder par le public. Avant de reprocher aux artistes, en fin d’après-midi, quelques coups de marqueurs involontaires laissés sur la vieille table en bois qui leur servait de support… Le partenariat entre le festival et le magasin n’a pas été reconduit l’année suivante.

Le triomphe de C2C à Stereolux, le samedi 18 février 2012, quelques mois avant l'explosion international du groupe. [Photo David Gallard]

Le triomphe de C2C à Stereolux, le samedi 18 février 2012, quelques mois avant l’explosion international du groupe. [Photo David Gallard]

Le lendemain, quelques mois avant leur explosion internationale, C2C clôturait « sa » soirée TKO devant une salle en ébullition. Stereolux assistait alors au deuxième concert seulement des DJ’s nantais depuis la sortie de leur EP « Down the Road ». Le dimanche, enfin, la belle prestation de Dilated People rattrapait le passage assez décevant de Das Efx. Les deux groupes avaient décalés une date en Suisse pour remplacer Mobb Deep, qui avait annulé sa venue quelques semaines avant le festival puisque la justice américaine avait interdit au rappeur Prodigy de sortir du territoire. Obligeant les organisateurs à imprimer 15 000 flyers afin de les glisser, un par un, au milieu des programmes papier…

Le festival cette année-là renforçait aussi sa collaboration avec le TNT : la petite salle de théâtre du centre ville accueillait en effet quatre concerts, dont ceux de Grangrene et Demi Portion. De beaux souvenirs malgré un son de piètre qualité… Lors de ses balances, le dernier jour, Eklips avait d’ailleurs menacé de ne pas jouer si rien ne changeait avant le soir. Les organisateurs s’étaient arrangés pour satisfaire cette exigence plutôt légitime. Depuis, le son au TNT est largement meilleur. Enfin, La Canaille et Odezenne avaient offerts au public de la Barakason une très belle soirée de clôture. Sans bagarre en coulisse, cette fois.

2012 marque aussi un tournant dans la communication du festival, entièrement repensée. Pick Up Production avait notamment décidé de tout gérer en interne pour la première fois. Le logo rajeunit, utilisé comme visuel principal, étant accompagné d’images captées par trois photographies et trois teasers vidéos réalisés par Sébastien Marqué. Le ville de Nantes avait aussi été redécorée de stickers Hip Opsession de toutes les couleurs.

Pour la première fois, le nombre de spectateurs accueillis pendant le festival n’augmentait pas : 16 500 contre… 16 800 l’année précédente.

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VisuelHOS9« On n’a pas été bons sur les briefs, alors les premiers essais ne nous convenaient pas. Donc on a pris du retard. Et à la fin, on n’avait plus le choix » explique Nico Reverdito. Voilà pourquoi l’affiche du neuvième festival Hip Opsession, pourtant confiée à une agence de communication, était indigne d’un événement de cet ampleur. De quoi rajouter un chapitre à l’histoire déjà chaotique du festival et de son identité visuelle, même si, pour la première, une véritable stratégie de communication était mise en place sur les réseaux sociaux. La présence sur Internet, pourtant, avait longtemps été l’un des points faibles du festival.

Hip Opsession 9 commence très fort avec un « Red Bull Beat It » d’anthologie organisé dans le magnifique gymnase Armand-Coidelle. Un lieu méconnu que les organisateurs avaient découverts quelques mois plus tôt, lorsque le Voyage à Nantes y avait organisé l’un de ses « dîners secrets ». Puis le battle de breakdance remplit une nouvelle fois le Lieu Unique, qui aura notamment vibré pour le superbe quart de finale entre les Français d’Espada et les Américains de Beast Kingz. La veille, le battle « Stand Opsession » de danse debout s’était déjà déroulé dans la grande salle de la Scène nationale, après trois premières éditions réussies à Capellia.

Le TNT, avec un son tout neuf, propose quatre concerts consécutifs. Le passage mythique d’Apollo Brown et Guilty Simpson marquant pour longtemps, sans doute, ceux qui ont eu la chance d’y assister. Rocé est invité pour la troisième année consécutive, pour une soirée à Stereolux avec Médine. Mais les dates de sorties d’albums des deux artistes sont repoussées quelques semaines avant et le concert n’attire que peu de monde. La scène s’avérant même un peu grande pour l’ancien parrain, tandis que le rappeur du Havre décevaient ceux qui l’avaient vu enflammer l’Olympic lors du festival Hip Opsession 5.

La reformation du duo Afrojazz, quatorze ans après leur dernier album, a elle aussi beaucoup déçu. Jokno et Jaeyez ont eu le mérite d’honorer la date alors que le courant n’était pas du tout passé entre eux lors des répétitions, mais la tension était palpable et le concert catastrophique. Les deux artistes, qui étaient venus à Nantes séparément, avaient demandés à ne pas être installés dans la même loge. Plutôt drôle lorsque que l’on connaît la taille des coulisses du Ferrailleur, qui ne possède… qu’une seule loge minuscule.

Les Nantais de La Formule sur la scène de la Carrière, en ouverture de la "All School Party" du samedi 2 mars 2013. [Photo Lucas Perriot]

Les Nantais de La Formule sur la scène de la Carrière, en ouverture de la « All School Party » du samedi 2 mars 2013. [Photo Lucas Perrigot]

La soirée de clôture « All school party », organisée à la Carrière, fût quant à elle à la hauteur. Artistiquement au moins… Car, à l’exception peut-être de la première partie très poussive  assurée par les artistes des « Cool Sessions » de Jimmy Jay, le nouveau parrain du festival, les artistes programmés (« Can I Kick It » puis « Time Bomb and friends ») ont assuré le spectacle. Mais le public n’était pas au rendez-vous, malgré l’affiche de rêve : 600 spectateurs étaient présents seulement, alors que la salle pouvait en accueillir 2000. « Le constat est le même que pour le concert d’Afrojazz » explique Nico Reverdito, « C’est un échec, mais pas un regret ». Avec des conséquences financières beaucoup plus importante toutefois…

Le reste du festival, heureusement, s’était très bien déroulé, Hip Opsession attirant pour la première fois plus de 17 000 spectateurs en un peu plus de trois semaines. De quoi donner de l’ambition aux organisateurs avant d’aborder la dixième édition.

LaSuite

Le festival fête cette année ses dix ans avec une programmation toujours plus dense et variée, même si les têtes d’affiches sont peut-être moins nombreuses que lors des éditions précédentes. Les organisateurs ont tout de même fait beaucoup efforts pour célébrer cet anniversaire : organisation d’une soirée à Paris, impression d’un programme papier enrichi d’une partie magazine, mise en place d’une émission télévisée, création d’un morceau clippé ou encore retour des battles de break à 5 contre 5

Ambitieuses et excitantes, ces surprises et nouveautés prouvent une nouvelle fois à quel point le festival a grandi depuis sa première édition. 20 000 spectateurs sont attendus cette année ! Et jamais l’évènement n’a joui d’une image si positive et d’une notoriété aussi grande.

Le parcours d’Hip Opsession, bien sûr, aura été long et compliqué. Mais salariés et bénévoles de l’association Pick Up Production auront réussi à en faire une référence nationale, voire internationale, sans jamais brûler les étapes. Chaque année, ils ont rassemblé les compétences et fédéré les énergies en s’appuyant sur les acteurs locaux incontournables et des partenaires toujours plus nombreux. Si certains choix, évidemment, n’ont pas fait l’unanimité, la réussite globale du projet est incontestable.

Hip Opsession devrait pourtant changer de format dès l’année prochaine. Une évolution risquée mais nécessaire, afin d’entretenir la dynamique et continuer à innover. Il sera temps d’en débattre à l’issue d’une dixième édition qui ne fait que commencer. Et qui nous réserve, certainement, beaucoup de découvertes et quelques anecdotes…

L'affiche du dixième festival Hip Opsession, remplie de références aux éditions précédentes. [Photo Hip Opsession]

L’affiche du dixième festival Hip Opsession, remplie de références aux éditions précédentes. [Photo Hip Opsession]

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3 réflexions au sujet de « [2005-2014] 10 ans de festival Hip Opsession »

  1. Ping : « Aujourd’hui, 1995 en bénéficie » | Les Cahiers de Vincent Desgré

  2. Pour la petite histoire, en 2011, pour la petite embrouille entre La Rumeur et le régisseur de la Barakason, ce dernier n’avait à proposer comme collation au groupe que du saucisson, alors qu’ils n’en mangent pas.
    De mémoire ils s’étaient fait troller par un type au bar sur leur engagement et leurs convictions aussi. Dommage vu la disponibilité du groupe après leurs concerts.
    Ils ont été reprogrammé depuis sur Nantes, au Ferrailleur en 2015 par Pick Up Prod.

    Et je confirme pour le concert mythique de Guilty Simpson et Apollo Brown, le meilleur de tous les concerts HipOpsession que j’ai pu faire (j’en ai fait au moins un par an depuis RZA la première année), à égalité peut-être avec celui de Lords Of The Underground.

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